La poésie de Charles-Marie Leconte de Lisle

Biographie de Charles-Marie Leconte de Lisle


Charles-Marie Leconte de Lisle

Charles-Marie Leconte de Lisle


Sa jeunesse

Charles Marie René Leconte de Lisle naît à Saint-Paul sur l’Ile Bourbon (la Réunion) le 22 octobre 1818. Son père, Charles Marie Leconte de Lisle est un ancien chirurgien de la grande armée reconverti dans le commerce. Sa mère, Anne Suzanne Marguerite Elysée de Riscourt de Lanux, est une créole.

Charles quitte La Réunion à l’âge de trois ans pour être pensionnaire à Nantes. A 14 ans il revient étudier au collège Royal de Saint-Denis. C’est un élève médiocre. Il étudie les langues notamment le grec et le latin dans lesquelles il excellera finalement. Son premier amour est pour sa cousine Elixène de Lanux, la « vierge au Manchy".

Il repart pour la France en 1837. Il obtient le Baccalauréat en 1838 ainsi que le Baccalauréat de droit en 1841, à Rennes. Il fonde les revues « La Variété » en 1840 puis « Le Scorpion » en 1842. De 1843 à 1845, il fait un dernier séjour à l'Ile Bourbon.

En 1846, il s'installe à Paris où il fréquente les phalanstères. Il collabore à La Phalange et à La Démocratie pacifique. Il publie ses premières œuvres, telle Sacatove , dans des revues.


Militant socialiste

Il est militant fouriériste et lors de la révolution de février 1848 il dénonce l'esclavage, bien que ce soit une importante source de revenu pour les siens. Il est Délégué du Gouvernement pour la propagande révolutionnaire en Bretagne et manque d’être assassiné. Il est battu aux élections de 1848, puis arrêté et emprisonné. Son engagement politique se limite alors à collaborer à la Réforme de Lamennais en 1849.

Il étudie la philosophie hindoue puis voue une passion à la démocratie de la Grèce Antique. Il considère dès-lors que seule la société grecque antique peut être considérée civilisée et nommera « Barbare » tout ce qui ne relève pas de cette civilisation ou d’une civilisation « pacifique » (hindouisme).

Sa vie est matériellement très difficile. Il vit de "leçons de tout" à 3 Francs le cachet, de travaux non signés, de traductions, d'emprunts, de quelques prix et subsides. Une modeste pension lui est accordée par le Conseil Général de La Réunion. A la mort de son père, il doit faire vivre sa mère, ses sœurs et un de ses frères.


Le Maître du Parnasse

Il publie les Poèmes antiques en 1852, dont 22 pièces sur 56 sont consacrées à la femme, décrites comme une déesse. Cette œuvre, appréciée entre autre par Victor Hugo, participe au mouvement littéraire du Parnasse où « l'Art pour l'Art », qui s’oppose au romantisme. Elle lui vaut le titre de « Maître du Parnasse ». Il est en effet un maître pour Villiers de l'Isle-Adam, Mallarmé, Sully Prudhomme et Hérédia.

Le Chemin de la Croix paraît en 1856. En 1857, il épouse Anna Adélaïde Perray, lingère de 24 ans, avec qui il n’aura pas d’enfant. Les Poésies complètes paraissent en 1858.

En 1862 il publie les Poèmes barbares, dans lesquels il décrit plusieurs civilisations exotiques, exalte la beauté de la nature, celle de la femme et critique le christianisme.

Il fait publier de nombreuses traductions des auteurs grecs antiques dont Théocrite (1861), Homère (l'Iliade en 1866 et l'Odyssée en 1867), Eschyle, Sophocle (1877), Euripide (1885), et Horace.

En 1866 il participe à l’ouvrage collectif Le Parnasse contemporain, premier volume. Le Catéchisme populaire républicain paraît en 1870. Il obtient la Légion d’Honneur puis est nommé Bibliothécaire Adjoint au Sénat en 1871.

Le Parnasse Contemporain, 2ème volume paraît en 1871. Cette même année paraissent l’Histoire populaire de la révolution française et l’Histoire populaire du christianisme.

Sa mère décède en 1872.

En 1876 il publie l’Histoire du Moyen Âge puis Le Parnasse contemporain, 3ème volume. Ces Poèmes Tragiques lui valent le prix Jean Reynaud.

Candidat à l'Académie française, il est battu par Gratry en 1873, et en 1877 par Victorien Sardou. Lors de ce scrutin, il n’obtient que les voix d'Auguste Barbier et de Victor Hugo, qui vote pour lui avec ostentation. Leconte de Lisle déclare que le suffrage de Hugo équivaut à son élection et qu'il ne se présentera plus. Il est finalement élu le 11 février 1886, l’Académie considérant que Victor Hugo l'a, par son vote, désigné pour lui succéder. Il est reçu le 31 mars 1887 par Alexandre Dumas fils.

En 1883, il est élevé au grade d'Officier de la Légion d'Honneur.

Il meurt à Voisins-le-Bretonneux le 17 juillet 1894. Honoré par la troisième République, il est enterré au cimetière du Montparnasse, à Paris. Les Derniers poèmes, sont publiés en 1894 par Heredia. Les Contes en prose sont publiés en 1910. Ses restes mortuaires sont transférés au cimetière marin de Saint-Paul en 1977, conformément à son vœu de reposer en terre réunionnaise exprimé dans ses poèmes Le Manchy et Si l'Aurore.

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