La poésie de Alphonse de Lamartine

Biographie de Alphonse de Lamartine


Alphonse de Lamartine

Alphonse de Lamartine


Un jeune noble

Alphonse-Marie-Louis de Lamartine est né à Mâcon le 21 octobre 1790, de Alix des Roys et Pierre de Lamartine tous deux aristocrates et très croyants. Il eut six sœurs cadettes.

A partir de 1797, à Milly, il vit sur les terres familiales, au contact des paysans employés aux vignobles. En 1801 il intègre la pension Puppier, à Lyon, d’où il fait une fugue en 1802. De 1803 à 1807, il réussi brillamment ses études chez les Pères de la Foi à Belley (Ain).

Sa famille refusant de servir Napoléon, il mène alors une vie oisive. Chez ses cousins, à Naples de décembre 1811 à avril 1812, il vit un grand amour avec Antoniella Jacomino qui sera la « Graziella » dans ses oeuvres futures.

Alphonse de Lamartine devient Maire de Milly en 1812, grâce à l'aide se son père et écrit la tragédie Médée en 1813.La Restauration permet à son père de lui obtenir une place dans les Gardes du Corps de Louis XVIII, poste qu’il doit quitter, lors des Cents-Jours, pour se réfugier en Suisse puis dans les Savoies.

En 1816, il sauve une jeune femme créole, Julie Charles, d’un naufrage sur le lac du Bourget (Aix, Savoie). Ils vivent un amour passionné fait de rencontres furtives. Alphonse fréquent le salon de Julie à Paris. A l’été 1817, il se rend à Aix, où, attendant en vain sa bien aimée, il écrit Le Lac.

O lac! l'année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s'asseoir!

Malheureusement, Julie décède de phtisie en décembre 1817. Cet amour fait grandir sa vocation d’auteur et sera la source des Méditations poétiques.


Un diplomate voué à la poésie romantique

En 1818, sa tragédie classique Saül étant refusée par le tragédien Talma, de la Comédie Française, il retrouve son inspiration de poète sentimentale.

En 1819, Alphonse de Lamartine connaît tout d’abord la princesse italienne Léna de Larche, mais demande en mariage Mary-Ann Birch, une jeune anglaise protestante, rencontrée lors du mariage de sa sœur Césarine. Il s’unissent en juin 1820 à Chambéry et Alphonse prend un poste d’attaché d’ambassade à Naples.

En 1820, la publication de son recueil de poèmes romantiques, les Méditations poétiques soulève un grand enthousiasme. Le public y découvre une âme tourmentée, une sensibilité dont l’expression manquaient cruellement depuis des années de troubles politiques et de guerres.

Son fils, Alphonse de Lamartine nait à Rome en février 1821. La famille s’installe au Château de Saint-Point, en Mâconnais, que son père lui transmet d’avance. 1822 voit la naissance de leur fille Julia et le décès de leur fils Alphonse.

Il publie la Mort de Socrate et les Nouvelles Méditations poétiques en septembre 1823. Son admission à l’Académie Française est rejetée en 1824. La même année, il perd ses sœurs Césarine et Suzanne.

En 1825, la mort de Lord Byron, lui inspire le dernier chant du pèlerinage d’Harold. Charles X lui confère, ainsi qu’à Victor Hugo, la croix de la Légion d’honneur et il est nommé secrétaire d'ambassade à Florence, puis chargé d'affaires de France en Toscane.

De retour en France en 1828, Alphonse de Lamartine écrit Novissima Verba, sous-titré, Mon âme est triste jusqu'à la mort. A Paris, en 1829, il fréquente Chateaubriand, Hugo et Sainte Beuve. Il est élu à l’Académie Française le 5 novembre. Lamartine publie les Harmonies poétiques et religieuses en 1830.


Mûrissement de ses convictions philosophiques et politiques

En tant que monarchiste, Alphonse de Lamartine refuse de représenter la France à partir de 1830. Il se lance dans la politique et connaît trois échecs comme candidat député. Il publie les odes Contre la peine de Mort, en 1830, Les révolutions et Némésis en 1831.

En mai 1832, la famille embarque, avec quelques amis, pour un long et fastueux voyage en Orient. Lamartine visite le tombeau du Christ. Malheureusement, sa fille Julia meurt à Beyrouth le 6 septembre 1832. Après la mort de deux sœurs, de sa mère en 1829, ainsi que de ses deux enfants, sa foi est ébranlée. Il est alors convaincu de la nature humaine du Christ et suit la voie d’un christianisme philosophique. Il épanche son chagrin dans ses poèmes dont Gethsémani ou la mort de Julia.

Eh bien! Prends, assouvis, implacable justice,
d’agonie et de mort ce besoin immortel;
moi-même je l’étends sur ton funèbre autel.
Si je l’ai tout vidé, brise enfin mon calice!


Elu député de Bergues en janvier 1833, pendant son absence, il prend sa charge en décembre. Il publie Les Destinées de la poésie dans la Revue des Deux Mondes en 1834 et le volumineux Voyage en Orient en 1835.

L’approfondissement de sa propre philosophie chrétienne le lance dans la création d’une œuvre littéraire vouée à décrire «l'histoire de l'âme humaine». Il publie Jocelyn (1836), La Chute d'un ange (1838), et Recueillements poétiques (1839).


L'engagement politique

Alphonse de Lamartine occupe la fonction de député de Mâcon en 1837 (réélu en 1842, député de la Seine en 1848 et du Loiret en 1849). Il ne se rattache pas à un groupe politique et, bien qu’étant un bon orateur, ces discours, largement philosophiques et voués à l’intérêt général, n’ont que peu d’influence sur l’Assemblée.

En 1839, il publie Les Recueillements poétiques, comportant une préface exposant les devoirs sociaux du poète. Agacé par les clivages politiques, il concourre à la chute de la monarchie de Juillet en publiant l’Histoire des Girondins en 1847.

Son engagement, parfois au péril de sa vie, et son travail de fond sur les idées, l’amènent à devenir chef du gouvernement provisoire en février 1848. Il semble étendre son influence au niveau national. Cependant, en décembre, il est battu par Louis Napoléon Bonaparte à l'élection du Président de la République.

En 1849, Alphonse de Lamartine publie des récits autobiographiques idéalisés : Les Confidences (évoquant Graziella) ainsi que Raphaël. Il présente l’Histoire de la Révolution de 1848 et fonde le périodique Conseiller du Peuple.

En 1850 se tient la première de Toussaint Louverture à la porte Saint-martin.

Alphonse de Lamartine se retire de la vie politique après le coup d'état du 2 décembre 1851 et reprend une activité intense d’écrivain, contraint de solder les dettes qu’il a accumulé jusqu’alors.


Une production forcée

Totalement ruiné, obligé de vendre ses terres, y compris le domaine de Milly, Lamartine publie les Nouvelles Confidences en 1851 (œuvre autobiographique). Il réalise des compilations historiques : Histoire de la Restauration en 1852, Histoire des Constituants en 1853, Histoire de la Turquie en 1853-1854, Histoire de la Russie en 1855. Il publie mensuellement les Cours familiers de littérature de 1856 à 1869.

Sa femme décède en 1863. Il publie ses Mémoires Politiques ainsi que Portraits et Biographies en 1865.

Frappé d'apoplexie en 1867, il perd la raison et l'usage de la parole. En décembre, le « corps législatif », lui affecte une pension viagère.

Alphonse de Lamartine meurt en présence de sa nièce, Valentine de Cessiat de Lamartine, et de quelques amis le 28 février 1869.

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